La pêche à pied

 

 

La Loire Atlantique   offre de nombreux kilomètres de côtes, qui lors des grandes marées laissent découvrir   une faune riche et variée, convoitée par de nombreux pêcheurs à pied. Il est bon de rappeler que tout pêcheur est soumis à une réglementation dictée par les Affaires maritimes, qui détermine la taille légale des prises, la quantité maxi à prélever, et les zones de pêches interdites.



  La pêche à pied est  un passe-temps agréable demandant de l’effort, mais apportant beaucoup de satisfactions. 

C’est pour tous « une école de la nature »

Avant de parler de vos droits à la pêche sur les côtes, il est utile de parler de vos devoirs envers la nature et donc envers les pêcheurs à pied d’aujourd’hui et de demain.

- Si vous en avez la possibilité, profitez-en pour vous faire accompagner par des jeunes qui partageront ainsi votre plaisir et apprendront comme vous à respecter la ressource et le biotope !

 


Prenez le temps de consulter les horaires des marées, vous les trouverez dans : 
- l’annuaire des marées qui vous seras offert par spot-pêche
 
- le journal du jour
 
- ou même
 « ici »

Prenez également : 
- la liste des tailles minimales autorisées de pêche
 
- celle des périodes autorisées pour la pêche
 
- et le nombre maximal de prises autorisées par personne et par jour.

Il est très utile également de consulter les avis sanitaires concernant les côtes que vous voulez fréquenter. Site   http://www.cap-atlantique.fr/node/693


Les restrictions sanitaires font l’objet de publication dans les journaux locaux, sur les tableaux dans les mairies des villes côtières, et quelquefois même à l’aide de panneaux sur les lieux incriminés. 

Vous savez qu’hélas, depuis quelques années, des micro-algues et des micro-organismes profitent de nos rejets (nitrates, phosphates, carburants etc ...) pour se développer en grand nombre et provoquer ainsi des concentrations trop importantes dans les animaux filtreurs, notamment, rendant ceux-ci impropres à la consommation. 

Essayez d’être raisonnables dans vos prélèvements, ne gaspillez pas la ressource, ne rapportez à la maison que la quantité que vous pourrez manger dans un délai court, les produits de la mer se conservent mal, surtout en cas de fortes chaleurs.

Enfin rappelez-vous que le produit de votre pêche est formellement interdit à la vente.


Conseils et Equipements

Pour ne pas vous tromper et passer une bonne journée, voici quelques conseils utiles :

- Renseignez vous localement sur les zones autorisées

- Prenez conseil sur le système de marée pour ne pas être surpris par la montée des eaux

- Munissez vous du bon matériel avant de partir 


 De quel matériel avez-vous besoin ?

·         D’abord se vêtir correctement, des bonnes chaussures, ou des bottes.

·         Un ciré ou un vêtement coupe-vent, imperméable  

·          Un panier de pêche, que l’on peut porter en bandoulière, ou à la main (là c’est chacun son goût), qui vous servira aussi à laver le produit de votre pêche.

Le reste du matériel varie en fonction de ce que vous souhaitez pêcher, mais en général il est bon d’avoir, surtout si vous partez un peu à la découverte : 

·         un bon couteau, à lame mince, souple et solide 

·         un crochet à crabes 

·         un havenet ou une bichette

·         un petit râteau (griffe 3 dents) 

·         un couteau détroquoir à huitres et une toise pour mesurer les prises.

Les gants sont préconisés pour vous protéger les mains qui agrippent les cailloux et les roches. 

Principes habituels de pêche :  

·         Les marées les meilleures sont celles dont le coefficient approche le plus (ou même dépasse) 100.

·          Plus le coefficient est élevé, plus la mer descendra bas et donc découvrira des zones peu souvent accessibles ! 

·          D’une manière générale, vous devrez être sur les lieux 2 heures avant l’heure de la marée basse. 

·          Notez bien ou rappelez-vous l’heure de celle-ci. 

·          Restez aux aguets car la mer remontante pourrait encercler le banc de sable ou le rocher sur lequel vous êtes, vous coupant ainsi la route du retour vers la terre ferme ! 

 Donc ne prenez pas de risques ni pour vous ni pour les vôtre.


Que pouvez-vous pêcher ?

Cela dépend évidemment des zones de pêches, des côtes où vous vous trouvez, des époques de l’année, mais généralement :

Dans l’eau : 
- des
 crevettes grises (3 cm du rostre à la queue) 
- des
 crevettes roses (5 cm du rostre à la queue) 
- des
 équilles (12 cm)

Sur les sables, granulats dégradés et vases : 
- des
 coques (3 cm) 
- des
 praires (4,3 cm) 
- des
 palourdes (4 cm) 
- des fausses palourdes (4 cm)
 
- des
 pétoncles (3,5 cm) 
- des
 tellines (2,5 cm) 
- des
 pieds de couteau(10 cm) 
- des
 clams (4,5 cm)

Sur et le long des rochers et dans les mares : 
- des
 bigorneaux 
- des
 bulots (4,5 cm) 
- des
 patelles 
- des
 moules (4 cm) 
- des
 ormeaux (interdits à la pêche du 15/06 au 31/08 - 9 cm – pas plus de 20 par jour et par personne !) 
- des
 huîtres creuses (5 cm 30 g) 
- des
 étrilles (6,5 cm) 
- des
 tourteaux (14 cm) 
- des
 araignées (12 cm, 500gr minimum) 
- des crabes verts (pour faire
 une bonne soupe) 
- certains
 poissons (dont le congre, la loche) 
- des
 oursins (interdits du 14/04 au 14/10 de chaque année.) 
- et même, si vous avez beaucoup de chance, du
 homard (8,7 cm tête)

Comment trouver, ramasser, pêcher ?

L’essentiel est d’être observateur, les animaux marins se dissimulent à votre regard 

(comme les champignons dans une forêt).

Voici donc quelques pistes :

Un caillou peut se révéler être un abri pour une ou plusieurs étrilles, décollez-le du sable, sans le déplacer, levez-le sur la tranche, et fouillez un peu le trou. 
Que vous trouviez quelque chose ou non, il est important que vous le remettiez dans sa position initiale car les animaux que vous avez épargnés ont besoin de retrouver rapidement leur contexte protecteur.
 
Un caillou fait parti intégrante du biotope du lieu !


Les rochers sont souvent couverts partiellement ou complètement d’algues ; en soulevant les algues vous découvrirez des coquillages collés aux parois, certains faciles à prendre comme les bigorneaux ou les bulots, d’autres difficiles à décoller berniques, ou ormeaux). 
Vous pourrez aussi trouver ce drôle de coquillage en demi-rond et tendant sur le rose qu’est la
 crépidule. 
Dans certains coins il est mangé cru ou cuit, essayez pour voir et, si vous l’aimez, vous pourrez en ramasser autant que vous voudrez.
 
Sur les rochers vous trouverez également ici ou là des
 moules, certaines dans des anfractuosités d’où elles sont indélogeables, d’autres endroits sur la partie supérieure des rochers font apparaître des amas enchevêtrés où vous trouverez votre bonheur. 
Chaque trou (de plus de 10 cm de diamètre) peut se révéler intéressant ; à l’aide de votre crochet : tâtez le trou, écoutez, rien ne se passe ? recommencez néanmoins, le
 tourteau ne s’appelle pas « dormeur » pour rien en Bretagne !


Les mares dans les rochers sont aussi le refuge de bien des espèces, certaines plus décoratives que gustatives ! 
Bigorneaux jaunes, bernard-l’hermite,
 balanes (mi-coquillages, mi-crustacés), anémones de mer, petits poissons sans intérêt culinaire, mais que c’est beau ! remplissez-vous le regard de tout cela et, si vous avez un appareil photo sur vous (oui je sais c’est risqué), tentez quelques clichés ...... 
Un conseil néanmoins, beaucoup de ces plantes/animaux plus beaux les uns que les autres, et particulièrement ceux qui ont des mini tentacules, peuvent être urticants, évitez donc de les toucher, sinon ils seraient capables de se rappeler à votre bon souvenir pendant plusieurs jours :-) !
 
Dans les mares vous pourrez trouver quelques crevettes, voire beaucoup et souvent de fort belles, mais aussi quelques petites vives (poissons venimeux, mais excellents au goût, pouvant entraîner des chocs importants chez certaines personnes sensibles).
 
Quand vous aurez l’habitude, vous vous apercevrez qu’il y a encore une myriade d’autres petits animaux.


Sur le sable la tâche est différente, il faudra vous familiariser avec les indices révélant un ou plusieurs habitants : par exemple une légère dépression en cuvette peut faire penser à la présence d’un clam ; deux trous (3mm) séparés par un pont de sable, indiquent que, très probablement, un couteau va bientôt vous envoyer de l’eau dans l’oeil ........hé oui, quel accueil !

Là où le sable n’est pas très bien stabilisé ou très granuleux, vous pouvez aussi marcher sur place d’un pied sur l’autre, vous aurez peut-être la surprise de voir monter une coque, il vous suffira alors le plus souvent de ratisser un peu en creux pour recueillir une ou deux douzaines de ces bons coquillages.


Penser à laver vos captures dans de l’eau de mer dépourvue de sable, une, deux ou trois fois suivant leur état. 
Pensez également à recouvrir le tout d’un lit de goémon, votre pêche sera à l’abri des rayons du soleil ou de la chaleur ambiante et, suivant l’heure de la journée, il n’est pas dit non plus que votre coffre de voiture soit très frais !


Vous avez fait vos premières expériences en matière de pêche à pied, je ne doute pas un instant que vous allez devenir des « accros » et des fervents défenseurs de la ressource !

Il ne vous restera plus qu’à partager votre nouvelle passion avec vos proches, vos enfants et petits-enfants.


Bonne pêche à pied !

Nouvelle réglementation

Réglementation mise à disposition par le Ministère de l’Ecologie, du Développement et de l’Energie 
se référer à l’arrêté du 26 octobre 2012





 

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